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L’histoire de cette usine débute à la fin des années
1940. À cette époque, le groupe suisse Nestlé décide
d’implanter à Marseille une immense usine moderne de
chocolat et de café soluble. Le choix de Marseille n’est
pas un hasard : le port permet l’arrivée des matières
premières venues du monde entier, tandis que la vallée
de l’Huveaune est déjà un important secteur industriel.
L’usine est construite entre 1949 et 1952 sur les
terrains de Saint-Menet. Le projet est confié aux
célèbres architectes Fernand Pouillon et René Egger. À
l’époque, le site est considéré comme très moderne. Ce
n’est pas seulement une usine : c’est un véritable
ensemble industriel avec des bâtiments administratifs,
des espaces verts, des équipements sociaux et même des
logements pour certains salariés.
Très vite, l’usine devient l’un des plus grands
employeurs du secteur. Des centaines de familles
marseillaises y travaillent. On y fabrique du chocolat,
du cacao, du café soluble et différentes confiseries.
Les habitants des quartiers voisins, comme La Millière,
La Valentine ou Saint-Menet, gardent encore aujourd’hui
le souvenir de cette odeur de cacao qui se répandait
dans les rues.
Pendant les Trente Glorieuses, l’usine symbolise le
Marseille industriel prospère. Beaucoup de personnes du
quartier y ont travaillé ou connaissaient quelqu’un qui
y travaillait. L’usine faisait véritablement partie de
la vie locale.
Mais à partir des années 1990 et 2000, la situation
change progressivement. Comme beaucoup de grands sites
industriels français, l’usine subit les effets de la
mondialisation et des restructurations économiques.
Nestlé finit par annoncer la fermeture du site au milieu
des années 2000. Cette décision provoque une forte
émotion dans le quartier et une importante mobilisation
des salariés.
Après le départ de Nestlé, plusieurs tentatives de
reprise auront lieu, notamment avec NetCacao puis la
Chocolaterie de Provence. Malgré les efforts engagés
pour maintenir une activité, la production finit par
s’arrêter définitivement quelques années plus tard.
Aujourd’hui, l’usine existe encore et reste un lieu
emblématique du patrimoine industriel marseillais. Une
partie du site a été reconvertie en studios de cinéma et
espaces audiovisuels. Même si les machines se sont
arrêtées, la mémoire de l’usine Nestlé reste très
présente dans le cœur des habitants du 11ᵉ
arrondissement.
Pour beaucoup de Marseillais, cette usine ne
représentait pas seulement une activité économique. Elle
faisait partie de l’identité du quartier, de son
histoire et des souvenirs de toute une génération.
L’ancienne usine Nestlé de Saint-Menet a été conçue
principalement par les architectes marseillais:
Fernand Pouillon, René Egger :
Fernand Pouillon est particulièrement connu pour ses
grands ensembles et ses réalisations majeures à
Marseille après la Seconde Guerre mondiale.
L’usine Nestlé de Saint-Menet fait partie de ses projets
industriels importants, avec une architecture moderne
pour l’époque, mêlant béton, pierre et espaces
paysagers.
Le site est aujourd’hui reconnu pour son intérêt
architectural et patrimonial.
Fernand Pouillon et René Egger ont participé à plusieurs
réalisations majeures à Marseille et en Provence après
la Seconde Guerre mondiale.
Voici quelques-uns de leurs bâtiments les plus connus :
Réalisations de Fernand Pouillon :
La Tourette.
Grand ensemble situé près du Vieux-Port, construit
après-guerre pour reloger les habitants.
Unité d'habitation du Vieux-Port dite Vieux-Port.
Reconstruction ensemble de reconstruction du
centre-ville marseillais.
Résidence du Parc Kallisté.
Diar El Mahçoul, l’un de ses grands projets en Algérie.
Climat de France.
Immense cité construite dans les années 1950.
Les Sablettes.
Réalisations de René Egger :
Hôpital Nord.
L’un des grands hôpitaux marseillais.
Faculté de Saint-Jérôme.
Cité universitaire de Luminy.
Parc du Roy d'Espagne.
Important ensemble résidentiel du sud de Marseille.
Les deux architectes ont profondément marqué
l’architecture marseillaise des années 1950 à 1970,
chacun avec un style différent :
Pouillon privilégiait la pierre massive, les proportions
monumentales et l’intégration paysagère ;
Egger développait une architecture plus fonctionnelle et
moderniste adaptée aux grands équipements publics. |