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Histoires &Patrimoines

du 11ème et du 12ème

Cimetière des Dominicains

 

Le cimetière oublié de la Dominique

 

Bien avant que le quartier de La Pomme ne devienne un quartier de Marseille, les terres de la Dominique n’étaient qu’un paysage de bastides, de jardins maraîchers et de chemins poussiéreux descendant vers l’Huveaune.

 

C’est là, en 1499, qu’aurait été aménagé un petit cimetière rural, bien avant la construction de l’église de La Pomme en 1670 sur l’actuelle avenue Emmanuel-Allard.

 

À cette époque, il n’existait pas encore de véritable village. Les habitants vivaient dispersés dans des exploitations agricoles isolées. 

 

Les morts étaient enterrés près des domaines ruraux, parfois autour de petites chapelles aujourd’hui disparues. Le terrain de la Dominique, légèrement en hauteur et éloigné des zones habitées, fut choisi pour accueillir les sépultures des familles des environs.

 

Lorsque l’église de La Pomme fut construite au XVIIe siècle, le vieux cimetière existait déjà depuis près de deux cents ans. Malgré la distance inhabituelle de presque deux kilomètres entre l’église et le cimetière, les habitants conservèrent ce lieu d’inhumation ancestral.

 

Pendant des siècles, les convois funéraires empruntèrent les chemins de terre reliant l’église au cimetière de la Traverse de la Dominique. Derrière la croix paroissiale, les familles traversaient lentement les champs, les bastides et les vergers du quartier.

 

Au XIXe siècle, tandis que Marseille grandissait et que les usines apparaissaient le long de la vallée de l’Huveaune, le petit cimetière continua d’accueillir les habitants du secteur : anciennes familles provençales, ouvriers italiens, cultivateurs, artisans du quartier de La Pomme.

 

Le lieu restait modeste : quelques allées étroites, des caveaux de pierre, des croix de fer rouillées, et de grands cyprès visibles depuis les chemins voisins.

 

Mais avec l’urbanisation croissante et les nouvelles règles sanitaires imposées aux communes, les petits cimetières ruraux commencèrent progressivement à disparaître.

 

Le dernier enterrement a eu lieu en 1908. Après cette date, le cimetière ne fut plus utilisé, mais il ne disparut pas immédiatement. 

 

Pendant des décennies, les familles continuèrent parfois à venir entretenir certaines tombes. 

 

Le terrain resta clos, figé dans le temps, comme une enclave ancienne au milieu d’un quartier qui se transformait rapidement.

 

Autour de lui, les champs laissèrent place : aux routes, aux ateliers, aux immeubles, puis aux lotissements modernes.

 

Peu à peu, les murs s’abîmèrent, les inscriptions s’effacèrent et la végétation envahit les anciennes allées.

 

En 1991, le vieux cimetière de la Dominique fut officiellement fermé et définitivement désaffecté.

 

Aujourd’hui encore, ceux qui connaissent son histoire parlent d’un lieu presque invisible, caché dans le tissu urbain moderne, mais chargé de plusieurs siècles de mémoire du vieux quartier de La Pomme.

 

Les chapelles et le prieuré de La Pomme à Marseille

 

Dans tous les villages, le cimetière se trouve généralement à côté de l’église. Je ne comprenais donc pas pourquoi celui de La Pomme était situé à près de deux kilomètres de l’église, ni d’où venait le nom de la Traverse de la Dominique, qui, en réalité, ne correspondait pas exactement à son emplacement actuel, du moins pour sa partie haute.

 

Le quartier de La Pomme, situé dans l’est de Marseille, possède une histoire ancienne profondément liée à la présence religieuse dominicaine. Bien avant de devenir un quartier urbain intégré à la ville, La Pomme était un territoire rural composé de terres agricoles, de bastides et de vergers. C’est dans ce contexte qu’apparurent les premières implantations religieuses du secteur, autour de Saint-Dominique.

 

Dès la fin du XVe siècle, les Dominicains, appelés aussi « frères prêcheurs », auraient établi une présence dans le quartier. Selon plusieurs traditions locales et archives historiques, une première chapelle aurait été fondée vers 1499 sur le plateau du Padeau. Cette implantation religieuse n’était probablement pas un grand couvent urbain comme ceux du centre de Marseille, mais plutôt un petit établissement rural comprenant une chapelle, quelques bâtiments religieux et des terres agricoles dépendant des Dominicains marseillais.

 

Le secteur prit progressivement le nom de Saint-Dominique en référence à cette présence religieuse. Les moines possédaient alors de nombreux terrains cultivés, notamment des vergers et des exploitations agricoles. Certains historiens pensent même que le nom du quartier de « La Pomme » pourrait être lié à l’importance des cultures fruitières présentes autour des domaines dominicains.

 

Au XVIIe siècle, une nouvelle chapelle fut construite sous le vocable de Notre-Dame de Lumière, vers 1670. Cette chapelle devint rapidement un lieu important pour les habitants du hameau. Au fil du temps, elle évolua pour donner naissance à l’actuelle église Saint-Dominique de La Pomme. Pendant plusieurs décennies, des conflits de juridiction religieuse opposèrent les différentes autorités ecclésiastiques locales autour de ces lieux de culte, preuve de leur importance dans la vie du quartier.

 

Comme beaucoup d’établissements religieux français, le prieuré et les biens des Dominicains furent touchés par la Révolution française. Les religieux furent expulsés et leurs propriétés vendues comme biens nationaux. Une grande partie des bâtiments d’origine disparut alors progressivement avec l’urbanisation du quartier au XIXe et au XXe siècle.

 

Aujourd’hui, il reste peu de traces visibles du prieuré primitif. Cependant, l’église Saint-Dominique conserve la mémoire de cette ancienne présence dominicaine qui a marqué durablement l’histoire de La Pomme. À travers les noms des lieux, les archives et les traditions locales, on retrouve encore l’empreinte de ces chapelles et de ce petit établissement religieux rural qui participa au développement du quartier marseillais.

 

   
 
 

 
 

 

 
 

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