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du 11ème et du 12ème

CODER

 

 

Mémoire de Coder

 

Les ouvriers, l’usine et l’âme populaire de Marseille

 

Dans les quartiers de Saint-Marcel et de la vallée de l’Huveaune, le nom de Coder résonne encore comme un souvenir vivant. Pendant des décennies, l’usine a fait battre le cœur ouvrier de Marseille. 

 

Derrière les grandes portes métalliques, des milliers d’hommes et de femmes ont consacré leur vie au travail industriel, dans le bruit des machines, l’odeur du métal chauffé et la solidarité des ateliers.

 

Fondée au début du XXe siècle par Joseph Coder, l’entreprise s’est rapidement imposée dans la construction et la réparation de matériel ferroviaire. 

 

Wagons, tramways, remorques et équipements métalliques sortaient des ateliers marseillais grâce au savoir-faire des ouvriers.

 

Beaucoup venaient des quartiers populaires alentours : Saint-Marcel, La Barasse, La Valentine ou Aubagne. Pour de nombreuses familles, entrer chez Coder représentait une stabilité, une fierté et parfois même une tradition familiale.

 

Chaque matin, les ouvriers traversaient les rues du quartier pour rejoindre l’usine. Les sirènes rythmaient les journées et toute la vie locale semblait organisée autour des horaires de travail. 

 

Dans les ateliers, chacun avait sa place : soudeurs, chaudronniers, mécaniciens, ajusteurs ou peintres travaillaient ensemble dans des conditions souvent difficiles, mais avec une forte solidarité.

 

Coder n’était pas seulement une entreprise. C’était une communauté humaine. Les ouvriers partageaient les repas, les discussions, les luttes sociales et les moments de fête. 

 

Beaucoup racontaient l’ambiance particulière des pauses, les gestes transmis entre anciens et jeunes apprentis, ou encore cette fraternité née du travail manuel.

 

Autour de l’usine, les jardins ouvriers Coder sont devenus un symbole fort de cette époque. Chaque famille cultivait sa parcelle de terre : tomates, haricots, salades, arbres fruitiers et fleurs poussaient au milieu des discussions entre voisins. Ces jardins représentaient un refuge après les longues journées de travail. Ils apportaient aussi une aide précieuse aux familles ouvrières.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise connaît son apogée. Des milliers de salariés travaillent alors sur le site industriel. Marseille vit encore au rythme de ses grandes usines et Coder participe pleinement à cette puissance industrielle.

 

Mais à partir des années 1970, les difficultés économiques apparaissent. La concurrence, les transformations industrielles et le manque de modernisation fragilisent progressivement l’entreprise. Les inquiétudes grandissent parmi les ouvriers. Les grèves, les rassemblements et les combats sociaux marquent cette période difficile.

 

Lorsque l’activité commence à disparaître, c’est tout un monde ouvrier qui s’efface peu à peu. Beaucoup d’anciens salariés garderont pourtant un profond attachement à Coder. Pour eux, l’usine représentait bien plus qu’un emploi : c’était une partie de leur identité et de leur histoire.

 

Aujourd’hui encore, les anciens parlent de Coder avec émotion. Certains se souviennent du vacarme des ateliers, d’autres des camarades disparus ou des jardins ouvriers toujours présents dans le quartier. À travers ces souvenirs, c’est toute la mémoire populaire et industrielle de Marseille qui continue de vivre.

 

Coder reste ainsi le symbole d’une époque où les usines faisaient vivre les quartiers, où le travail manuel occupait une place essentielle et où la solidarité ouvrière construisait des liens humains forts et durables.

   
 
 

 
 

 

 
 

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